La fille athée

La fille athée

Il est des figures de l'adolescence qui deviennent des archétypes. Pour l'auteur du Jour du Roi, l'outrageante Sawssane demeure la figure de la résistance vaincue.

je m'en veux terriblement : avec le temps, j'ai oublié comment elle s'appelait. Je sais que c'était très beau, un prénom d'avant, qui en impose au Maroc. On voit tout de suite une femme rêvée comme une reine, comme un être supérieur, un coeur devant lequel de son plein gré se soumettre. Badiâa ? Kelthoum ? Ralya ? Yaqout ? Hadda ? Chama ? Je ne me rappelle plus. Tout ce qui me revient et s'impose à moi à présent, c'est : la fille athée.

En arabe : al-moulhida.

Ce nom est rempli d'un sens terrifiant. Une condamnation. Un rejet définitif. On peut être ce qu'on veut, commettre n'importe quel crime, mais on n'a pas le droit d'être ça. Ça. Dans ce vide. Dans ce ...

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